Les activités de terrain

Depuis sa création, la DAFA s’est fortement impliquée sur le terrain, d’abord en tant que seul opérateur de l’archéologie en Afghanistan, puis aux côtés des archéologues afghans et de nombreux autres partenaires internationaux. Son rayon d’action s’est étendu sur l’ensemble de l’Afghanistan, et si dans un premier temps, la recherche du passé grec et bouddhique du pays a guidé ses activités, celles-ci se sont ensuite diversifiées. Cette recherche de terrain a principalement consisté en fouilles et en reconnaissances archéologiques, qui ont permis de construire la connaissance de l’histoire et de l’archéologie de l’Afghanistan, dont le patrimoine culturel est particulièrement important. Après sa renaissance en 2002, la DAFA a concentré une grande partie de ses activités scientifiques sur la recherche de l’occupation de l’oasis de Balkh et l’histoire de la grande cité de Bactres, dans une perspective pluridisciplinaire. Elle s’est aussi beaucoup investie dans la vallée de Bamiyan, particulièrement touchée par la destruction des grands bouddhas en 2001 puis à Mes Ainak à partir de 2009. Après l’électrochoc causé par cette destruction des bouddhas, la communauté internationale s’est dotée de moyens pour œuvrer en faveur de la préservation du patrimoine culturel afghan. La DAFA s’est alors continuellement associée aux entreprises visant à protéger ce patrimoine et à le mettre en valeur, en collaboration avec les archéologues afghans de l’Institut National d’Archéologie et divers organismes comme lAga Khan Trust for Culture (AKTC) ou l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine (ALIPH). Dans toutes ces activités, la DAFA met en œuvre des méthodes modernes et pluridisciplinaires et recourt aux outils numériques. Elle s’est particulièrement investie dans les études de territoire qui utilisent l’imagerie satellite et documentent les pillages dont les sites archéologiques sont victimes. Elle a ainsi produit un SIG de l’oasis de Bactres. Elle a également noué un partenariat avec la société Iconem basée à Paris, spécialisée en imagerie numérique et production de modèles 3D.

Les axes de recherche de la DAFA:

  • Etude de l’évolution des occupations de l’oasis de Balkh.
  • Etude des occupations de la vallée de Bamiyan.
  • Cartographie du potentiel archéologique de l’Afghanistan.
  • Archéologie du Bala Hissar de Kaboul.
  • Etude des occupations dans le corridor du Wakhan.
  • Archéologie de l’ensemble du Musalla à Hérat.
  • Le minaret de Jam et la vallée du Hari roud.
  • Etude du site de Mes Aynak.

Production scientifique et exploitation des données de terrain

Cette riche activité de terrain a permis de recueillir une importante documentation sur le passé de l’Afghanistan, qu’il importe d’exploiter et de mettre en valeur. L’activité se développe dans deux directions principales. Depuis 2015, un travail important de remise en ordre des archives scientifiques de la DAFA a été entrepris. Il a d’abord concerné les archives produites dans le cadre des programmes de recherche commencé après 2002. Il concerne aussi désormais les archives plus anciennes de la DAFA, conservées dans plusieurs institutions scientifiques françaises. Dans la situation actuelle où l’Afghanistan n’est plus accessible aux chercheurs, ce travail est un condition indispensable au maintien d’une activité scientifique sur le pays. Et la richesse de ces archives permet d’espérer pouvoir continuer à développer une activité scientifique dynamique. La deuxième direction est la poursuite des publications des fouilles anciennes, celles qui ont été menées jusqu’en 1982, et celles qui l’ont été à partir de 2002.