Alfred Foucher (1922 - 1945)

Indianiste et sanskritiste, Alfred Foucher (1865-1951) a étudié à l’École Normale Supérieure et à l’École Pratique des Hautes Études. Il se rend en Asie à partir de 1895, notamment à Ceylan, au Cachemire, au Gandhara (où il rencontre Sir John Marshall à Taxila), et aussi le long de la frontière afghane, afin d’y étudier les vestiges de l’art gréco-bouddhique, son sujet de thèse. Nommé Directeur de l’École Française d’Extrême-Orient en 1904, puis Directeur d’études à l’École Pratique des Hautes Études en 1914, il accepte à 57 ans le poste de Directeur de la toute nouvelle Délégation archéologique française en Afghanistan (DAFA) et prend ses fonctions en 1922.
Si A. Foucher réalise rapidement que le poste est autant diplomatique que scientifique (la Légation française n’ouvre qu’en septembre 1923), il entreprend dès son arrivée, contraint par la Commission des fouilles d’Afghanistan, la mise en place de fouilles à Bactres, la « Mère des Cités », ancienne capitale de la « Bactriane aux mille villes ». Mais la pauvreté des découvertes, en regard des résultats escomptés et du difficile travail réalisé durant dix-huit mois, génère une profonde et amère déception. A. Foucher quitte définitivement l’Afghanistan en 1925, sans pour autant cesser d’être le directeur en titre de la DAFA, jusqu’après la fin de la Seconde Guerre, supervisant les comptes de la mission, les publications et les rapports de fouilles, et devenant également membre de la Commission des fouilles d’Afghanistan. La DAFA poursuit ses travaux, menant des fouilles à Païtava dès 1924, à Haḍḍa, à partir de 1926, sous la direction de Jules Barthoux (nommé directeur-adjoint en 1925), ainsi qu’à Bâmiyân, à partir de 1930, sous la direction de Joseph Hackin.
Alfred Foucher publie ses travaux en 1942 et 1947 dans La Vieille Route de l’Inde, de Bactres à Taxila, ouvrage constitué de deux importants volumes. Son action a été décisive dans le processus d’installation de la DAFA en tant qu’institution, en participant directement à la négociation de la convention franco-afghane établissant le monopole français sur les fouilles en Afghanistan, ainsi qu’en lançant les premières grandes fouilles françaises.

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Joseph Hackin (1924 - 1940)

Bien qu’il n’a pas eu le titre de directeur, Joseph Hackin dirigea les opérations de terrain de la DAFA tandis qu’Alfred Foucher officiait à Paris. Luxembourgeois de naissance, Joseph Hackin (1886-1941) étudie à l’École des Sciences Politiques. S’intéressant à l’iconographie tibétaine, il débute une thèse en 1909 à l’École Pratique des Hautes Études. Ayant obtenu la nationalité française en 1912, il est nommé conservateur-adjoint du Musée Guimet l’année suivante. En pleine Première Guerre Mondiale, il soutient sa thèse en 1916 alors qu’il est mobilisé au front et blessé à trois reprises : il finira la guerre avec le grade de commandant de compagnie, titulaire de la Légion d’Honneur et de la Croix de Guerre. En 1923, il devient conservateur en titre du Musée Guimet.
Ses premiers contacts avec l’Afghanistan datent de 1924, alors que la Commission des fouilles d’Afghanistan le nomme pour une mission de six mois à Païtava, dont il dégage les vestiges du monastère. En 1929, J. Hackin revient en pleine guerre civile à Kaboul mais parvient dès 1930 à fouiller à Bâmiyân en compagnie de son épouse Ria, et de Jean Carl, le nouvel architecte de la DAFA. De retour en Afghanistan en 1933 pour fouiller à Tépé-Maranjan, J. Hackin devient de facto responsable de la DAFA en 1934, travaillant sur le terrain d’octobre à janvier et passant le reste de l’année à Paris à faire connaître ses découvertes. La même année, il entame des fouilles archéologiques à Bégram, qui révèlent en 1937 un trésor remarquable de par sa richesse et son excellent état de conservation, assurant la célébrité du site.
La guerre vient interrompre les recherches de J. Hackin. Maintenu à son poste en 1939, il démissionne en 1940 en désaccord avec le régime de Vichy, puis les époux Hackin rejoignent la France Libre à Londres. Ayant négocié une mission en Asie auprès du général de Gaulle, Joseph et Ria Hackin s’embarquent pour l’Inde : leur navire est torpillé le 24 février 1941 et sombre corps et biens au large des îles Féroé. J. Carl, resté à Londres et apprenant cette mauvaise nouvelle, se suicidera.
Ses archives, transmises aux Britanniques avant le départ de Kaboul mais dont une partie se perd dans les multiples transferts, permettent la publication des résultats des fouilles de Bégram en 1954. Les fouilles menées par J. Hackin, ainsi que les prestigieuses découvertes qui en résultent, assurent le prestige de l’homme et la renommée de la DAFA.

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Roman Ghirshman (1941 - 1942)

Alfred Foucher resta le directeur en titre de la DAFA après le décès de Joseph Hackin, mais ce dernier fut remplacé sur le terrain par Roman Ghirshman (1895-1979). Ukrainien de naissance et naturalisé français, il suit en 1923 les cours de la Sorbonne, de l’École Pratique des Hautes Études et de l’École du Louvre, se spécialisant dans l’histoire de l’Antiquité du Proche-Orient et plus particulièrement d’Iran. En 1930, il participe aux fouilles du site sumérien de Tello en Irak. En 1931, il prend la direction de la Délégation archéologique française en Iran (DAFI) et dirige les recherches menées sur les sites de Sialk et de Tepe Giyan (1931-1937), de Tchogha-Zanbil, capitale élamite, de Chapour et de Suse (1935-1941).
En 1941, conservant la direction de la DAFI, il est nommé responsable de la DAFA, à un moment où le conflit mondial, qui oppose notamment la France Libre du général de Gaulle et la France de Vichy, rend la situation de la DAFA particulièrement difficile.
Ses travaux à la tête de la DAFA reprennent ceux de Joseph Hackin à Bégram, en 1941 et 1942. Néanmoins, en raison du déplacement des archives de son prédécesseur, R. Ghirshman ne peut se fonder sur les derniers travaux réalisés par les équipes françaises. Ayant rallié la France Libre dès 1940, R. Ghirshman est révoqué de son poste par les autorités de Vichy en 1942, mais reste à Kaboul jusqu’à la fin de l’année suivante. Il se rend alors en Égypte où il publie ses travaux grâce à l’Institut français d’archéologie orientale du Caire ; ses réflexions portent en particulier sur l’organisation sociale des sociétés kouchanes et chionites-hepthtalites.
A son retour en France, R. Ghirshman poursuit ses recherches en Iran, et notamment à Suse, publiant abondamment ses travaux. Il est élu membre libre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1965 ; un prix, le Prix Roman et Tania Ghirshman, décerné par l’Académie, récompense depuis l’année 2000 des recherches portant sur l’Orient.

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Daniel Schlumberger (1945 - 1965)

Daniel Schlumberger (1904-1972), étudie à l’Université de Strasbourg l’histoire et plus particulièrement les périodes anciennes et l’archéologie. Il participe en 1925 à ses premières fouilles sur le site de Hiérapolis au bord de l’Euphrate, en compagnie d’Henri Seyrig. Rejoignant Beyrouth en 1929 grâce à ce dernier, il parcourt la Syrie et le Liban. De 1930 à 1940, il se consacre à l’étude archéologique de la région de Palmyre.
C’est à nouveau grâce à H. Seyrig que D. Schlumberger est contacté en 1943 pour prendre la direction des fouilles d’Afghanistan, après la disparition de Joseph Hackin, mais, malgré son accord de principe, il ne peut se rendre dans le pays, l’Afghanistan étant attaché à sa neutralité. Ce n’est qu’à la Libération en 1945, que D. Schlumberger est officiellement nommé Directeur de la DAFA à la Libération et rejoint Kaboul. Sous sa direction, la DAFA se réorganise, avec une augmentation sensible du personnel : Raoul Curiel et Jacques Meunié sont nommés adjoints au directeur, et Marc Le Berre architecte de la DAFA ; la Délégation s’installe dans de nouveaux locaux et le budget de la bibliothèque est considérablement valorisé.
Bien que les missions étrangères soient désormais possibles en Afghanistan, celles-ci restent globalement d’assez courte durée et peu coordonnées. De son côté, D. Schlumberger ouvre les recherches vers un champ chronologique plus large, menant trois campagnes à Bactres en 1947 et 1948, puis conduisant d’importantes fouilles sur le site ghaznévide de Lashkari Bazar en 1949 et 1950. Sous sa direction, une coopération plus assidue se met en place avec la Mission archéologique dans le Bassin de l’Indus, notamment avec Jean-Marie Casal qui dirige les recherches sur le site protohistorique de Mundigak, de 1951 à 1959. De 1952 à 1959, le site kouchan de Surkh Kotal est fouillé à raison de deux campagnes par an : les découvertes architecturales, épigraphiques et numismatiques y sont exceptionnelles.
Dans le même temps, la DAFA se lance dans un projet de catalogue des sites archéologiques, de carte archéologique, qui commence par l’établissement de cartes modernes et précises ; une étude systématique des trésors monétaires est également conduite.
Nommé Professeur à l’Université de Strasbourg en 1955, puis élu membre libre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1958, Daniel Schlumberger ne revient en Afghanistan que pour les campagnes de fouilles, avant de quitter la direction de la DAFA en 1965.

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Paul Bernard (1965 - 1980)

Paul Bernard (1929-2015), normalien, agrégé et formé à l’École Française d’Athènes, est archéologue de formation. Après avoir été pensionnaire scientifique de l’Institut français d’Archéologie du Proche-Orient à Beyrouth de 1961 à 1965, Daniel Schlumberger le choisit comme successeur et il est nommé directeur résident de la DAFA en 1965. Le poste d’archéologue-adjoint, dont le dernier titulaire est Gérard Fussman, est supprimé en 1965 : un poste de directeur-adjoint est créé quelques années plus tard, occupé par Henri-Paul Francfort de 1972 à 1978, suivi par Frantz Grenet (1978-1981), Olivier Guillaume (1980-1982) et Serge Veuve. De plus, P. Bernard recrute des élèves de l’École Normale Supérieure pour venir travailler à la DAFA en tant que Volontaires du Service National Actif (VSNA).
Sous sa direction de P. Bernard, la DAFA se distingue particulièrement par la fouille d’Aï Khanoum : ce site gréco-bactrien, découvert en 1962 par Marc Le Berre, mais déjà signalé dès 1925 par Jules Barthoux, constitue la plus longue fouille entreprise par la France en Afghanistan, s’étendant sur treize années et seize campagnes. Le site est riche de découvertes archéologiques exceptionnelles, et apporte enfin aux archéologues français la ville grecque qu’ils cherchaient depuis leur arrivée en Afghanistan. Le syncrétisme entre hellénisme et influence orientale, à tous les niveaux, déroute les chercheurs : les objets exhumés amènent les spécialistes à repenser l’histoire gréco-bactrienne. Sous l’impulsion de P. Bernard, des rapports annuels sont présentés à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, suivis par des publications détaillées.
Paul Bernard quitte la direction de la DAFA en 1980 sans pour autant cesser de s’intéresser à l’Asie Centrale, ainsi qu’en témoigne ses responsabilités de directeur de l’équipe « Hellénisme et civilisations orientales » au sein du CNRS, de 1982 à 1993. Il est élu en 1992 membre de l’Académie, et contribuera toute sa vie aux publications sur Aï Khanoum et sur l’Asie Centrale hellénistique.

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Jean-Claude Gardin (1980 - 1982)

Jean-Claude Gardin (1925-2013) a sans aucun doute un parcours académique atypique, avant de travailler avec Henri Seyrig à Beyrouth et Daniel Schlumberger à Kaboul. Nommé directeur adjoint de la DAFA de 1950 à 1958, il partage son temps entre la France et l’Afghanistan. Chargé de l’étude de la céramique du site de Lashkari Bazar (1951) et de celle des sites de l’oasis de Bactres fouillés par Daniel Schlumberger, il développe une réflexion pionnière sur les processus de description et de classification des matériels archéologiques. Directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales dans les années 60, il participe à la création du Centre de recherches archéologiques (CRA) du CNRS (1970).
Directeur de la DAFA en 1980, sa nomination en Afghanistan se fait dans un contexte où les travaux sur le terrain ne sont plus possibles, en raison de l’instabilité politique du pays et de l’occupation soviétique. La DAFA se consacre dès lors à l’étude du matériel entreposé dans ses locaux, ainsi qu’à la préparation des publications. La coopération avec le Musée de Kaboul s’accentue, en particulier en ce qui concerne la restauration des objets conservés. J.-C. Gardin, en collaboration avec Warwick Ball, continue le travail mené en vue du catalogue des sites archéologiques d’Afghanistan. Les relations avec les archéologues soviétiques, initiées sous Paul Bernard, se concrétisent sous la direction de J.-C. Gardin, avec le premier colloque franco-soviétique de Douchanbé en 1982, puis à Paris en 1985.
J.-C. Gardin, témoin de la dégradation de la situation en Afghanistan, sait que la fermeture de la DAFA doit être envisagée ; dès lors, il a à cœur de sauvegarder la bibliothèque, outil de recherche unique en Asie centrale puisque riche de plus de 10 000 livres et 3 000 fascicules et périodiques. Le déménagement est organisé vers New Delhi mais une partie des ouvrages reste bloquée à l’aéroport de Kaboul en 1981 avant d’être remise à l’Ambassade. C’est aussi à partir de 1980 que les archives de la DAFA (photographies, plans, documents, rapports) sont progressivement envoyées au Musée Guimet comme l’avaient été celles d’Aï Khanoum à l’École Normale Supérieure (ENS).
En 1982, un plan de repli est envisagé avant la fermeture effective de la DAFA.

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Roland Besenval (2003 - 2009)

Archéologue de formation, Roland Besenval (1947-2014) étudie à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris-1) et à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO), où il choisit le Persan et l’histoire et cultures des mondes islamique et iranien. En 1972 et durant deux années, il se rend en Afghanistan pour participer aux fouilles sur le site d’Aï Khanoum, sous la direction de Paul Bernard. Par la suite, sa pratique de l’archéologie l’amène à se rendre en Iran (de 1972 à 1980), au Yémen du sud (en 1976 et 1977), et en Oman (de 1976 à 1978).
Recruté au CNRS en 1983, il participe à plusieurs missions dans le cadre de la Mission Archéologique Française en Asie Centrale (MAFAC), notamment à Sarazm (Tadjikistan) et au Makran (Baloutchistan méridional, Pakistan), en collaboration avec la mission italienne. Ces travaux sur ce site le conduisent à fonder en 1992 la Mission Archéologique Française au Makran (MAFM), mission qui perdurera jusqu’en 2007.
En 2002, R. Besenval renoue avec l’Afghanistan en prenant la direction de la DAFA en 2003, contribuant activement à la réouverture.
Ses recherches codirigées avec Nader Rassouli, directeur de l’Institut National d’Archéologie d’Afghanistan, se portent sur Balkh, et permettent de mettre au jour les vestiges hellénistiques de l’ancienne capitale du royaume gréco-bactrien : les fouilles se déroulent durant sept campagnes, de 2004 à 2009. Les résultats de ces fouilles, qui apportent enfin une éclatante réponse aux questions d’Alfred Foucher, sont régulièrement présentés à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. R. Besenval met également sur pied un programme de prospection de la Bactriane, et fouille à Hérat avec le Deutsches Archäologisches Institut (DAI).
Sous son impulsion, la DAFA retrouve une place prépondérante au sein de l’archéologie en Afghanistan. Après avoir quitté sa direction en 2009, R. Besenval reprend ses recherches au Pakistan, au Tadjikistan, en Iran et en Oman.

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Philippe Marquis (2009 - 2014)

Archéologue de formation, Philippe Marquis (1957-) étudie à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1) et à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO), où il choisit de se consacrer à l’Arabe littéral et au Persan. Après un premier séjour aux Émirats Arabes Unis où il participe aux fouilles de Hili sous la direction de S. Cleuziou, il intègre en 1982, et jusqu’en 2006, les services de la Commission du Vieux Paris. Pendant cette période, il se consacre essentiellement à des fouilles préventives à Paris sur des sites allant du Néolithique au XIXe siècle, et devient Conservateur du Patrimoine en 2000.
Parallèlement, c’est au Pakistan que P. Marquis amplifie sa formation pratique en archéologie orientale. Il participe en 1988 aux fouilles de Naushero sous la direction de C. et J.-F. Jarrige, et en 1989-1990 aux campagnes de fouilles du site de Mir-i Kalat sous la direction de R. Besenval. En 1992, en charge du montage du programme de fouilles préventives dans le Centre-Ville de Beyrouth (Liban), il en assure la coordination en 1995 et 1996. Par la suite, il coopère avec les équipes travaillant au Moyen-Orient : aux Émirats Arabes Unis avec O. Lecomte et R. Boucharlat (site d’Ed Door), avec S. Mery (site d’Akab) ; dans le Sultanat d’Oman avec S. Cleuziou (site de Ras el Jinz), et avec V. Charpentier (site de Suwayh).
En 2004 et 2006, à l’invitation de R. Besenval, il participe aux premières campagnes de fouilles à Bactres, prenant la responsabilité directionnelle de plusieurs sites. En 2006, recruté en tant que directeur-adjoint de la DAFA, il participe aux fouilles et prospections qu’elle organise en collaboration avec N. Rassouli, directeur de l’Institut National d’Archéologie afghan. Directeur de la DAFA de 2009 à 2014, il développe l’action initiée par R. Besenval et s’implique très activement dans les opérations menées avec l’Institut Afghan d’Archéologie, en particulier les fouilles de Mes Aynak.

Julio Bendezu-Sarmiento (2014 - 2018)

Docteur en Préhistoire, Ethnologie et Anthropologie de l’Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne depuis 2004 avec une recherche sur l’archéologie funéraire et l’anthropologie biologique des populations des âges du Bronze et du Fer au Kazakhstan, il est chargé de recherches au CNRS depuis 2009.
C’est sur ces mêmes périodes Protohistoriques et traitant un sujet plus vaste sur l’apparition, l’évolution et disparation des sociétés complexes Protohistoriques, que durant la fin des années 1990 et le début des années 2000, il acquiert une forte expérience sur le terrain centrasiatique (Kazakhstan, Karakalpakistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan) mais aussi en Iran et aux Émirats Arabes Unis. Il est depuis 2007 le codirecteur de la MAFOuz-Protohistory (Mission archéologique française en Ouzbékistan – Protohistoire) et depuis 2009 le codirecteur puis le directeur de la MAFTUR (Mission archéologique française au Turkménistan). Son travail a évolué au fil de son parcours en tant que chercheur à l’IFRI (Institut français de recherche en Iran) de 2005 à 2007, de directeur adjoint et directeur de l’IFEAC (Institut français d’études sur l’Asie centrale) de 2007 à 2009 et directeur adjoint et directeur de la DAFA à Kaboul à partir de 2014. L’ensemble de ses travaux archéologiques et anthropologiques ont été récompensés par le Prix Roman et Tania Ghirshman (2008), le prix Clio de la Recherche archéologique (2010), le grand prix archéologique Simone & Cino del Duca (avec O. Lecomte, 2012) et plus récemment (2015) la médaille du mérite au Turkménistan, à l’occasion du 20ème anniversaire de l’Indépendance de ce pays. Les publications de ces travaux sont nombreuses avec plusieurs ouvrages et une soixantaine d’articles.
Durant son mandat de directeur de la DAFA, Julio Bendezu-Sarmiento a poursuivi les programmes de recherches mis en place par Roland Besenval et Philippe Marquis. Il a dirigé des missions archéologiques à Hérat, Kaboul et dans le Logar et s’est particulièrement impliqué dans la mise en place de la carte archéologique de l’Afghanistan.

Philippe Marquis (2018 - 2024)

Archéologue de formation, Philippe Marquis (1957-) étudie à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1) et à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO), où il choisit de se consacrer à l’Arabe littéral et au Persan. Après un premier séjour aux Émirats Arabes Unis où il participe aux fouilles de Hili sous la direction de S. Cleuziou, il intègre en 1982, et jusqu’en 2006, les services de la Commission du Vieux Paris. Pendant cette période, il se consacre essentiellement à des fouilles préventives à Paris sur des sites allant du Néolithique au XIXe siècle, et devient Conservateur du Patrimoine en 2000.
Parallèlement, c’est au Pakistan que P. Marquis amplifie sa formation pratique en archéologie orientale. Il participe en 1988 aux fouilles de Naushero sous la direction de C. et J.-F. Jarrige, et en 1989-1990 aux campagnes de fouilles du site de Mir-i Kalat sous la direction de R. Besenval. En 1992, en charge du montage du programme de fouilles préventives dans le Centre-Ville de Beyrouth (Liban), il en assure la coordination en 1995 et 1996. Par la suite, il coopère avec les équipes travaillant au Moyen-Orient : aux Émirats Arabes Unis avec O. Lecomte et R. Boucharlat (site d’Ed Door), avec S. Mery (site d’Akab) ; dans le Sultanat d’Oman avec S. Cleuziou (site de Ras el Jinz), et avec V. Charpentier (site de Suwayh).
En 2004 et 2006, à l’invitation de R. Besenval, il participe aux premières campagnes de fouilles à Bactres, prenant la responsabilité directionnelle de plusieurs sites. En 2006, recruté en tant que directeur-adjoint de la DAFA, il participe aux fouilles et prospections qu’elle organise en collaboration avec N. Rassouli, directeur de l’Institut National d’Archéologie afghan. Directeur de la DAFA de 2009 à 2014, il développe l’action initiée par R. Besenval et s’implique très activement dans les opérations menées avec l’Institut Afghan d’Archéologie, en particulier les fouilles de Mes Aynak.
Entre 2014 et 2018, Philippe Marquis reprend un poste de conservateur du patrimoine à Paris, tout en poursuivant ses recherches sur l’Afghanistan. Il est à nouveau nommé directeur de la DAFA entre 2018 et 2024 et doit affronter une série d’événements qui compliquent les activités de terrain de la DAFA en Afghanistan. La dégradation de la sécurité oblige à délocaliser l’institut au Turkménistan dans les locaux de l’ambassade de France à Ashgabad entre avril 2018 et septembre 2019, date à laquelle la DAFA est relocalisée à Paris. L’activité est très réduite durant l’année 2020, marquée par l’épidémie mondiale de COVID 19. Philippe Marquis peut revenir à Kaboul en janvier 2021, dans les locaux de l’ambassade de France où la DAFA est désormais hébergée. Mais le retour des talibans au pouvoir en août 2021 oblige à rapatrier le personnel de l’ambassade ainsi que le siège de la DAFA, qui se trouve désormais à Paris dans les locaux du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères. Philippe Marquis reste en poste jusqu’à la fin de son mandat en avril 2024 et fait valoir ses droits à la retraite. Malgré ces difficultés, la DAFA a maintenu une activité scientifique, en assurant un appui logistique et scientifique aux archéologues afghans et aux organismes internationaux qui œuvrent pour la préservation du patrimoine archéologique afghan et la lutte contre le pillage des antiquités. Philippe Marquis a pu célébrer en 2022 le centaine de la fondation de la DAFA, marqué par l’organisation de plusieurs manifestations scientifiques.

Laurianne Martinez-Sève (2025 - )

Nommée directrice de la DAFA à partir de janvier 2025, Laurianne Martinez-Sève continue à diriger l’institut depuis Paris et les locaux du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères. Historienne et archéologue de formation, elle s’est formée à l’université de Paris 1. Spécialiste de l’Iran (Suse), de l’Asie centrale (Samarkand) et de l’Afghanistan durant l’époque hellénistique, elle mène des recherches sur Aï Khanoum.